Overblog Tous les blogs Top blogs Maison, Déco & Bricolage Tous les blogs Maison, Déco & Bricolage
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Vers une éducation plus humaniste...

… Dans une approche idéale de l’éducation, l’école rendrait les individus conscients de ce qu’ils sont et non de ce qu’ils croient être, et conscients de ce qui les entoure et non de ce qu’ils croient les entourer !!!... Donc une éducation révélatrice de la réalité. Si l’on demande aux enfants et adolescents confondus « à quoi ça sert l’école ? », une majorité d’entre eux vous répondra : « à trouver un travail », et les plus consciencieux rajouteront « à trouver un BON travail ! ». Alors, l’école, pour ses principaux acteurs, se réduit donc à cela, conduire chaque individu, dans l’effort, sur le chemin d’une tâche qu’il devra forcément accomplir s’il veut s’insérer dans le « corpus social » et s’il veut subvenir comme il se doit à ses besoins de sécurité déjà ! Alors, devant un tel constat, demandons nous, si l’école est vue ainsi par ses apprenants, est-ce que l’éducation entière telle qu’elle est considérée aujourd’hui n’a pour seule fonction que de fabriquer une masse de cellules  d’un unique corps social dominant ?
 
            En quoi « trouver un travail » aujourd’hui n’est pas un facteur suffisant de motivation pour les jeunes et pourquoi s’essoufflent- ils tant à l’école ? Parce que l’image de la société telle que la renvoie cette école ne leur permet pas de se valoriser, de prendre confiance en eux et d’y trouver leur place. En effet, si dans le monde, tous les êtres humains étaient riches ou bien si tous les êtres humains étaient pauvres, il n’y aurait aucun problème. Mais il en est tout autrement et la révolte naît de cette différence entre les uns et les autres qui est « renvoyée à la figure de chaque enfant » dès ses premières années sur les bancs de l’école. Ainsi, il se trouve tout de suite confronté à ce fléau majeur des inégalités, bien alimenté d’ailleurs par un système éducatif qui dispensera un enseignement collectif, régulièrement sanctionné par des évaluations qui « classeront » inévitablement les élèves et les sélectionneront au final par la loi du plus fort. Du départ et inconsciemment pour l’enfant, l’école où il passe la majeure partie de son temps cultive l’ambition… l’ambition d’être le meilleur, d’avoir le plus de bonnes notes, de posséder les plus excellents dossiers… et le conditionnement commence, avec sa dose de compétition, de jalousie, d’injustice, d’envie… les uns désirent toujours plus et les autres veulent ce qu’ils n’ont pas et sont prêts à tout pour l’obtenir, notamment « écraser » l’autre plutôt que de s’élever soi, ça demande moins d’effort… et de conscience. Ainsi, les ambitions de chacun divergent, de là naît le chao, et l’école, coûte que coûte continue à remplir sa fonction première : transmettre du savoir et du savoir faire selon les plus éminents pédagogues avec pour moyen psychopédagogique organisationnel de base, l’autorité. Cette autorité même qui nourrit cette soif de puissance, cette passion de tyranniser, de dominer avec encore une fois un autre constat dramatique, l’augmentation fulgurante du nombre de délinquants et de violents, des êtres qui savent ce qu’ils veulent et qui n’ont aucun scrupule à blesser ou même tuer pour l’obtenir. Puisque leur conscience a été exultée du système et que l’idée même d’être un jour inséré dans cette société du travail et de l’effort pour y arriver (à quoi ???) les dégoûte, aucune limite ne les effraye ! Que ce soit des profils « Peter Pan », cas désespérés à l’école, incapables de rivaliser, jaloux, désireux, qui se fabriquent chez eux un univers compensateur de leur imagination dont les seuls talents sont la haine, le pouvoir et la fourberie et qui grandissent trop tard, ou des profils « monsieur Muscle », prédestinés à être extravertis, à utiliser sa force pour écraser, tous les deux égaux devant la délinquance, mais profondément dissemblables par le tempérament, par la motivation inconsciente et par l’efficacité : les « Peter Pan » sont d’excellents initiateurs de guerres et les « monsieur muscles », de très bons soldats ! Soit le tableau est un peu sombre… Et pendant ce temps, les éducateurs, chaque jour plus soucieux de concevoir des programmes scolaires « adéquat » et qui consacrent leur vie à transmettre les connaissances dont, ils en sont sûrs, les enfants auront besoin pour vivre… dans notre société industrialisée. Par souci d’efficacité toujours, leur principal objectif est de faire entrer le plus grand nombre de futurs travailleurs dans la société. Du coup, ils laissent de côté les atouts humanistes qui n’ont aucune utilité en soi, que sont la créativité, l’imagination, la sensibilité…, qualités accessoirement cultivées dans le système scolaire actuel.
 
            Pourtant, c’est bien par ses qualités là que passe le véritable accomplissement de l’Homme. Et ne serait-ce pas l’objectif principal, perdu de vue certes mais le plus important de l’éducation au-delà de la fonction d’instruction : Former des individus aptes à s’accomplir pleinement et consciemment dans leur vie…. globale, donc non seulement former des citoyens accomplis socialement, ce qui passe forcément par une vision moins fataliste et éprouvante du travail, mais aussi des « entités » de l’espèce humaine accomplies, sur la voie de l’évolution, ayant trouver leur utilité, leur place, leur valeur au sein de ce « bas monde ». Des individus conscients de leurs potentialités, mais aussi conscients de leurs responsabilités, seules limites qu’ils sont capables de se poser devant chacun de leurs agissements. Bref, des individus libres et critiques… Mais pour que la critique soit constructive, il faut que l’école, au lieu d’apporter des réponses toutes faites aux enfants, leur apprenne à se questionner, point de départ d’une pensée argumentée et à être curieux devant les recherches, bien en amont des cours de philosophie du niveau de terminale, où l’apprenant est déjà correctement formaté ! De plus, l’école idéale ne devrait cultiver aucune ambition. Donc, plus d’examens, plus de diplômes, ni de cours obligatoires, seulement une éducation à la disposition de ceux qui la désirent, et puisque chaque individu a par nature, le désir (le besoin ou la motivation innée) de progresser et d’évoluer, l’école idéale reposerait sur le principe de la confiance en l’humain (exit l’autorité !). Elle serait une sorte de retraite éducative où l’on essaie de se trouver, de découvrir ce que l’on aime et de déterminer nos points forts et nos points faibles. L’important serait d’aller vers la découverte de sa vocation et de son identité et nous donner les moyens concrets d’adopter un style de vie qui les exprime. D’autre part, une école qui permettrait d’entendre sa voix intérieure et donc qui passe par une prise de conscience et une recherche de ce que l’on veut faire de sa vie. Une école centrée sur soi et non sur « soi par rapport à l’autre ». Si les individus en cours d’accomplissement sont capables de transcender leurs valeurs culturelles, l’objectif ultime de l’éducation serait d’aider les individus à dépasser le conditionnement imposé par la société et à devenir des citoyens du monde. Tout le problème réside dans le comment éveiller cette sensibilité humaniste chez un enfant afin de l’amener à détester la guerre, le pouvoir, etc… sans forcer ? Si l’école doit aider les enfants à voir en eux-mêmes et à définir leurs propres valeurs à conditions qu’elles contribuent à leur épanouissement global, il faut certainement l’envisager avec de nouveaux fondements, une nouvelle organisation. Une école qui proposerait des alternatives capables de détourner les travers d’un « Peter Pan » qui n’attend que d’aiguiser son appétit de puissance, et une école dans laquelle des aménagements sociaux ne permettraient pas aux « monsieur muscles » de tyranniser autrui. Cette école ne peut s’envisager sans approfondir l’idée de re-lier l’expérience (sciences) et la sensibilité (art), le comment et le pourquoi, l’utilité et le plaisir (sans effort !) pour en faire émerger une conscience d’eux-mêmes dont ils profiteraient, de sorte que les choses les plus ordinaires, les événements les plus communs, prennent l’apparence de joyaux et de miracles. 

En montrant comment accomplir les choses avec un minimum d’effort et un maximum de conscience, il est possible d’aimer même les tâches les plus lourdes, même le travail. Ainsi, il faut une école qui apprenne à tirer le meilleur de toute activité à entreprendre : Apprendre à observer (corps) ce qu’on éprouve (esprit) dans chaque situation … Plus besoin d’autres distractions et compensations…

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article