Selon le Bouddhisme encore, la répétition des actes propres à satisfaire ses désirs ne cessera pas tant que l’ignorance subsistera… l’ignorance de cette richesse intérieure ! C’est en sortant de cette ignorance que l’homme finira par accéder au véritable dépassement de la souffrance inhérente à toute vie humaine, par le détachement. Sûr que c’est une tâche à envisager sur plusieurs générations, cette prise de conscience, ne peut être considérée qu’au travers de l’idée de réincarnation de l’individu qui, en sortant de l’ignorance, finira par échapper au cycle des renaissances (samsara) et donc à la souffrance.
Là où nous sommes dans l’illusion, c’est que nous avons le désir d’évincer la souffrance dans un monde matériel, le monde des formes et des apparences, alors que c’est en accédant au monde de l’absence de formes, d’apparence qu’apparaît la source de détachement nécessaire à la véritable LIBERTE de ne plus souffrir. Ce monde est accessible aux éveillés qui pratiquent la méditation (à un degré supérieur) capables de s’absorber dans les pensées les plus profondément enfouies, dans les synapses formés par les quelques centaines de milliards de neurones qui ne demandent qu’à transmettre et véhiculer de nouveaux messages qui nous permettraient d’élargir notre champ de connaissances sur cet organe qu’est le cerveau et qui jusque là, est atrophié dans son utilisation (réduit à 20% de son potentiel), alors qu’il appartient à chacun, en se détachant des conditionnements de nos éducateurs sociaux, de faire évoluer la biologie de son cerveau en le faisant fonctionner selon un tout autre schéma, celui de la méditation, où l’on entre au plus profond de soi, comme dans un univers (cosmos) où plus aucune limite n’existe, décuplant et rendant infinies les forces et les ressources individuelles capables de servir le collectif dans une autre dimension. Prendre conscience qu’il est possible d’accéder à un sentiment de plénitude (au-delà d’être comblé) sans fournir d’efforts mais en profitant et en prenant plaisir de l’instant. S’autoriser à lâcher toutes nos résistances et se déculpabiliser d’être capable d’être bien seul, sans l’aide ou la présence de personne.
Nous naissons avec le « handicap socio- culturel » d’être dépendant de nos éducateurs ne nous laissant pas les possibilités d’accéder directement à toutes les potentialités de notre cerveau, comme le petit d’homme naît avec un « handicap biologique », celui d’un cerveau non fonctionnel, qui lui impose une première période de vie particulièrement dangereuse. Dépourvu de la moindre autonomie, il est à la merci de son environnement. Ce handicap biologique est le résultat d’une incohérence de la nature apportant au fœtus un cerveau extraordinairement riche en cellules, dans un crâne particulièrement volumineux, sans pour autant accroître les dimensions du bassin de la mère. Pour pouvoir expulser l’enfant, les femelles humaines n’avaient pas d’autres solutions que de lui donner naissance bien avant qu’il soit capable de réagir. Ceci aurait pu entraîner la fin de l’espèce, mais malgré cela, elle s’est maintenue… C’est par là que passe son évolution. Ceci entre en résonance avec le fait que si les parents nous donnent la vie au départ, ils ne nous offrent qu’une vision réduite de nos possibilités de réflexion. Tant que nous leur sommes physiquement et psychologiquement attachés, nous ne pouvons pas élargir nos propres champs de pensée. C’est en s’émancipant de cette image modèle (parent/ autorité/ éducation/ société…) lorsque nous nous rendons autonomes à eux qu’il est possible d’explorer de nouveaux horizons révélés par une vraie introspection.
De là survient cette sensation étrange que du manque créé par la séparation, peut naître une puissance créatrice jamais égalée, capable d’appréhender les situations du quotidien dans un tout autre schéma. Dans cette idée, peut-on considérer que la disparition d’un être cher, est un mal, dont la souffrance, si on accepte de la regarder en face, s’intègre à notre modèle de fonctionnement, comme un moteur d’individuation, et nous fait franchir la crise de passage du niveau socio- culturel au niveau individuel en nous autorisant à sortir grandi d’une nouvelle source de créativité, d’un nouveau sens, sans aucune culpabilité.
Ainsi, le manque nourrit…