Chez l'homme, c'est notre cerveau reptilien qui nous permet de satisfaire nos besoins fondamentaux en nous faisant réagir dès lors que nous nous sentons menacés. Sans faire appel à nos capacités de raisonnement, c'est plutôt dans l'émotion immédiate que se traduisent les manifestations de ce langage à décoder. Ainsi, en s'enfonçant dans l'incompréhension de nos émotions et donc en les subissant, celles-ci risqueront fort de diminuer nos potentiels d'évolution individuels et collectifs, faisant naître stress et mal être qui nous rattrapent si souvent dans notre quotidien, si nous ne leur portons pas toute l'attention qu'elles méritent. En revanche, elles sont aussi sources inépuisables de notre richesse profonde, des clés les plus précieuses capables d'ouvrir les portes "blindées" de notre "fort intérieur", et si nous nous concentrons à décoder les messages qu'elles nous envoient, en tentant de les intégrer, elles nous accompagneront sans mal sur le chemin de notre individuation.
Si toute espèce vivante est caractérisée par ses besoins à satisfaire pour perdurer, chez l'homme, on peut les regrouper en trois grands types de besoins fondamentaux, qui conditionnent tout acte, pensée et événement le touchant dans son quotidien: le besoin de sécurité, le besoin d'identité et le besoin de réalisation. Pour subvenir à ces besoins, l'homme va "instinctivement", grâce à son cerveau reptilien, adopter trois comportements possibles faisant face à chaque situation: La fuite (face à une situation dans laquelle il ressent un besoin de sécurité), la lutte (face à une situation dans laquelle il ressent un besoin d'identité) et le replis sur soi (face à une situation dans laquelle il ressent un besoin de réalisation). Donc, tant que ces besoins ne sont pas assouvis, il va mettre en place des "palliatifs", qui, à court terme, les combleront. Ces palliatifs, il s'agit bien des émotions qui l'envahissent sans, encore une fois les raisonner et qui si elles ne sont pas maîtrisées, peuvent le submerger complétement et le perdre. Ainsi, derrière chaque comportement se cache une émotion précise, traduisant un un besoin non assouvi: derrière le comportement de fuite, se cache une peur issue d'un besoin de sécurité non assouvi. Derrière le comportement de lutte se cache une tension issue d'un besoin d'identité non assouvi et derrière le comportement de replis sur soi se cache une fatigue issue d'un besoin de réalisation de soi non assouvi.
Puisque ces besoins révèlent des manques personnels, il est facile de comprendre que les solutions sont à trouver en nous et pas à l'extérieur, c'est encore une fois grâce à un travail sur soi, qu'il est envisageable de maîtriser les émotions qui, au premier abord, ne sont que la conséquence de la survenue d'un événement extérieur. Mais c'est faux. Il s'agit plutôt de la conséquence d'une gestion "inadéquate" et d'une "non adaptibilité" internes à ces situations externes. Et à chaque fois que nous avons peur, que nous sommes sous tension (stressés) ou fatigués, il faut y voir une solution, sorte de réaction compensatoire de notre cerveau reptilien pour "pallier" rapidement à un manque d'être à un des trois niveaux évoqués plus haut, pouvant conduire jusqu'à une somatisation affectant le corps sous forme de maladie. Le lien entre émotions et maladies est ainsi fait!
Pour ne pas se laisser submerger par les émotions révélant nos manques d'assouvissement des besoins, il faut d'abord prendre conscience de tout cela et accepter ces émotions souvent destabilisantes pour notre cerveau rationnel, logique et controlé. Savoir aussi qu'à chaque type d'émotions existe une solution à faire émerger de nous et à "cultiver": La confiance va permettre d'apprivoiser la peur, l'amour va permettre d'apprivoiser la tension et la reconnaissance va permettre d'apprivoiser la fatigue. C'est en ne perdant pas de vue que nous possédons en nous ces précieuses vertus à exprimer au bon moment, face aux situations "adéquates", que nous pourrons poursuivre sur le chemin de notre évolution, en nous servant de nos émotions comme moteur, devenant alors de véritables... cré-acteurs!