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Au delà des certitudes...(1)

"Tout est dans tout ", partant de là, il est facile de concevoir que ce qui est valable à l’échelle de l’espèce, l’est aussi à l’échelle de l’individu comme à l’échelle de la cellule d’ailleurs. Pour comprendre la vie, il faut alors systématiquement se projeter et prendre conscience de ces trois niveaux d’existence. Une correspondance merveilleuse dans l’organisation de ces entités nous permet d’envisager que si par nature, l’individu a cette volonté innée et inconsciente de progresser et d’avancer, c’est parce que l’espèce humaine toute entière n’a pour unique motivation que de durer et d’évoluer, à l’image des autres groupes d’êtres vivants qui ont jalonné l’histoire des temps géologiques depuis l’apparition de la vie en transformant et en mutant le plus profond de leur être, leurs cellules. Ainsi, les besoins du groupe (collectif) suivent de près les besoins de la personne (individuel), de telle sorte que l’un n’est pas dissociable de l’autre, le but étant que l’un se nourrisse de l’autre, afin de gravir les marches d’une évolution qui doit sans cesse aller dans une direction jamais explorée, au-delà de toute certitude : c’est ce qui ne doit jamais être perdu de vue, la marche vers l’inconnu est ce qui a toujours et ce qui devra toujours motiver l’Homme (en tant qu’espèce et individu) à avancer…en modifiant la biologie de ses cellules !

 
 Du collectif à l’individuel…
 
Si, dans la lignée du genre Homo, l’instinct grégaire du Sapiens le pousse à former des groupes et à adopter un comportement commun, c’est parce que c’est d’abord le collectif qui a rempli l’espace de liberté, du sens qu’il a donné à sa vie sur le chemin de son évolution. Ne développant au départ qu’une conscience collective, l’espèce humaine se rend « programmée » pour durer, pour prolonger son parcours collectif sur cette planète en procréant. En adaptant ainsi sa physiologie à la nature qui l’environne, le Sapiens peut assouvir ses besoins vitaux et donc se reproduire, pour maintenir l’unité et la variabilité de son espèce. Déjà en échappant aux pièges de cette nature pleine de prédateurs et de dangers, il développe son instinct de domination. Puis la maîtrise du feu le rend à son tour prédateur et attise toujours son pouvoir de dominer. A partir de là, une première idée du confort apparaît, et avec elle le fait qu’au-delà de survivre il y a la possibilité de vivre, il est tant alors de prendre en main son sort, non plus de le subir, pourquoi pas ambitionner… dans un premier temps de maîtriser ce qu’apporte la nature et exiger d’elle plus de rentabilité… déjà une âme d’homo economicus dès le néolithique ! Ainsi, en organisant des tâches collectives afin d’optimiser et de diversifier les apports en nourriture que fournissent la chasse, la pêche, la cueillette, est inventé le terme travail. La nourriture n’est pas restée longtemps le seul bien ajouté par les humains. Une fois assurés les besoins de survie, les diverses civilisations ont, dans mille domaines, imaginés de nouveaux objets, consacrés à satisfaire des besoins plus élevés dits de sécurité, permettant non seulement de vivre, mais de vivre mieux : Les maisons et les villes se sont développées en respectant déjà la hiérarchie des classes (de petits groupes s’instaurent), avec des châteaux luxueux pour les princes, et les plus modestes habitations pour les plus « petites gens ». Si le terme de travail est associé à la « souffrance », c’est en référence à cette époque où la construction de tous ces édifices constituait une succession de tâches pénibles, répétitives épuisant le corps et fatiguant l’esprit. Il est légitime dans l’histoire de l’évolution de l’espèce de vouloir l’éliminer absolument ! C’est la motivation qui conduit à l’invention de la machine plus tard, qui arrive comme une bénédiction devant les yeux de la collectivité. Enfin, le travail pourra revêtir une tout autre connotation, moins destructive mais plutôt participant à un processus de construction de la personne. De là émerge le terme « d’activité » beaucoup plus valorisante et introduisant la possibilité d’intellectualiser une tâche et d’en limiter la « torture » (rapport bien/ service). L’activité peut devenir source de satisfaction et de participation à des rencontres. Elle s’inscrit désormais dans un besoin d’appartenance à un groupe, de relations sociales. La notion de société qu’elle engendre vise à assouvir le besoin d’estime des autres mais aussi d’estime de soi, s’organise alors autour de cette valeur liée au travail, qui aurait pu être constructive et apporter bien des avantages partagés à la collectivité…jusqu’à un véritable accomplissement personnel.
 
Malheureusement, les structures de pouvoir et les circuits économiques qui se mettent rapidement, presque spontanément en place agissent de telle façon que seuls les chefs d’entreprise en profitent : Les ambitions individuelles motivent désormais les plus forts et l’heure est à la généralisation de l’esclavage, privant de leurs droits les plus faibles et laissant aux progrès techniques de l’époque le seul effet d’alimenter l’accroissement systématique de besoins individuels mal gérés. Ainsi, le passage des ambitions collectives aux ambitions individuelles, au lieu d’amener l’espèce à un stade supérieur d’évolution creuse les grandes inégalités entre les privilégiés qui désirent toujours plus, au détriment des plus faibles systématiquement rabaissés qui n’ont que pour seul objectif, celui de s’en sortir : De là, la société et ses individus « s’embourbent » dans l’incompréhension, la jalousie, source de conflits et de guerres. Et avec les guerres, c’est la productivité qui augmente, accroissant les différences. Dès le XVIIIème siècle, les réflexions économistes se sont merveilleusement raffinées avec la mise en place de concepts et d’analyses permettant de répondre aux questions financières qui prenaient de plus en plus d’ampleur dans le système. L’économie se place au rang aussi prestigieux que la science, et dans une société toujours plus avide d’inconnu, elle dynamise les foules, de la même manière que les grandes découvertes scientifiques ! En effet tout ce qui peut s’opposer à la notion de « torture » liée à la conception du travail d’antan prend du grade, c’est pour cette raison que s’il est possible de se « faciliter la vie » et de la rendre toujours plus confortable et agréable par le biais des progrès scientifiques et technologiques d’une part et d’autre part en mettant l’économie au même rang, c’est tout bonus ! Sauf que l’engouement est tel qu’on en perd le contrôle ! Alors, c’est l’éclatement de la « bulle spéculative » à Wall street où réduction de l’activité et inflation des prix conjuguent leurs méfaits. Le désir de richesse devient le point de mire de tous les individus de la société mutante, et avec elle la notion de « valeur » apparaît. Une valeur qui résulte du désir que d’autres ont d’un bien et il faut admettre que cette notion se base sur une unique métaphore : les biens proposées ont de la valeur parce que des clients se présentent, voici le principe de base des mécanismes de l’économie réelle ! C’est l’attitude collective face à un objet ou à un service qui génère sa valeur et, une économie monétaire qui décide de son prix. En retour, le niveau de ce prix influence la production et la consommation, et le « théorème du rendement social maximal » s’instaure, affirmant que le système de prix qui résulte du libre jeu du marché est celui qui conduit la collectivité vers la situation la plus profitable pour tous. Ainsi, derrière ce faux semblant d’intérêt collectif, c’est l’individualisme qui prend le dessus, et avec lui une conscience individuelle certes, mais à son niveau le plus ingrat et le moins constructif. De là naît le libéralisme !
 
Donc, l’assouvissement des besoins humains au niveau collectif s’arrête là ou naît le libéralisme, avec les notions de sécurité, d’appartenance à un groupe et d’estime des autres et de soi alimentés par les inégalités et l’instinct de domination. Pour espérer s’élever au-delà, c’est en dépassant individuellement cette soif de domination nourrie par le « travail » qu’il sera possible d’accorder ces besoins avec d’autres plus élevés, tels les besoins d’accomplissement personnel, indispensables sur le chemin de l’évolution de chacun au plus profond de ses cellules, pour que l’espèce collective évolue elle aussi dans le même sens !

A suivre...
 
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