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Au delà des certitudes...(2)

Le libéralisme en tant que courant économique a ouvert la voie d’un mode de pensée innovant et a ainsi participé à la mutation progressive de l’Homo Sapiens Sapiens en Homo Sapiens Economicus, dont les valeurs collectives ne sont utilisées que pour servir les valeurs individuelles. Si, la quête de vivre toujours mieux dans un monde modernisé, technologique, assurant davantage de confort et de facilité a permis à chaque individu d’optimiser le fonctionnement de ses cellules afin de le maintenir plus longtemps en vie et en l’allongeant de quelques centimètres, cette voie individuelle ne doit pas s’arrêter là et le chemin de son évolution doit désormais prendre une nouvelle direction, puisque malgré les avantages réels de cette vision libérale, les abus de son utilisation conduisent à « gangrainer » les cellules de bien des individus devenus complètement dépendants du système et l’individuel soumis risque d’anéantir le collectif, éradiqué à terme par la somatisation d’un mal être émergeant des injustices et des inégalités devant l’explosion de nombreuses pandémies, annulant tous les bénéfices du progrès. Ce temps supplémentaire qui lui est donné (celui de l’allongement possible de la durée de vie) doit lui servir pour assurer la mission d’évolution de l’espèce toujours, mais pour cela, il doit tirer le meilleur de l’individuel pour le mettre au service du collectif.

 
De l’individuel au collectif…
 
Au cœur de la pensée libérale attisant l’individualisme en favorisant les libertés individuelles et la concurrence par rapport à la solidarité, il suffirait de laisser faire ce système si bienfaisant qui agit en ignorant tout de l’évolution du futur, de la nature et des limites que tout cela pose et trace son chemin en évinçant la volonté collective : les valeurs sur lesquelles reposent la société économique dominante sont des valeurs où seuls les biens matériels sont source de satisfaction, de confort, sont interchangeables, appropriables. Ainsi, on crée du désir de consommation, de la demande, plus on demande, et plus on propose, du mieux, du choix, de « l’esthétiquement beau », de l’attrayant, plus on propose et plus on produit, et grâce au libre échange, il est possible de produire à moindre coût, donc on fabrique plus de bénéfice, mais au lieu de redistribuer, ce qui serait la réponse logique d’un enfant de 10 ans, pour assurer une croissance « saine », on engraisse les spéculateurs des multinationales (ou plutôt ils s’engraissent tout seuls puisqu’ils ont le pouvoir de décider !) et on nourrit les inégalités individuelles au niveau desquelles si certains privilégiés franchissent les 4 premiers étages de la pyramide de Maslow sans trop d’efforts, d’autres soumis ont bien des difficultés à assouvir le premier, celui des besoins physiologiques. Et le rythme s’accélère avec les ambitions toujours plus grandes d’une croissance sans limite ! C’est l’apogée de l’Homo Economicus dans toute sa splendeur, sauf que, heureusement, la nature est bien faite et « revient toujours au galop » ! Des analyses écologiques émergent pour montrer que sur une planète dont les dimensions et les richesses sont finies (c’est le cas pour le pétrole !), tout processus exponentiel ne peut être qu’éphémère. Espérer apporter toujours plus en continuant dans ce cercle infernal nécessiterait plus de ressources que peut en fournir la Terre. Il faut bien admettre que poursuivre toujours dans la direction d’une croissance « libéralisée » et « dérégulée », c’est s’enfoncer délibérément dans une impasse, même « foncer droit dans le mur », en considérant que la conséquence sera plus brutale qu’on ne le pense, et plus imminente.
 
Conscients de la gravité de la situation mondiale actuelle, la motivation est en chacun de vouloir transformer les choses, mais si cette motivation reste toujours portée au plus haut, par ceux qui dominent le système et s’obstinent dans leurs spéculations financières, on ne peut que stagner: pour eux, la croissance de la consommation fait l’effet d’une drogue, euphorisante d’abord mais menant inévitablement vers la catastrophe. Pour eux, le « sang social » qui les nourrit (la valeur argent) est intoxiqué, et les plonge dans une illusion dont ils n’arrivent pas à se sortir seuls. Et la seule motivation qui sera susceptible d’inverser la machine sociale viendra malheureusement au moment où les dominants prendront conscience d’avoir « trop tirés sur la corde », et trouveront le courage de « désintoxiquer » leur « sang social » pour avoir une vision tout autre de la vie. Comment espérer amener les plus riches à admettre qu’une solution de changement bénéfique pour tous ne pourra être entrevue que le jour où ils prendront conscience, qu’il faut changer le concept de « valeur » des économistes (ce qui pollue leur sang !) en « valeur »humaniste, pour aller mieux, et retrouver un « corps social » sain ! Il est l’heure que grâce à « dame nature », l’Homo Ecologicus prenne le pas sur l’Homo Economicus. C’est la seule alternative permettant d’envisager une évolution de l’espèce… il faudra certainement que la nature se manifeste le plus brutalement, pour montrer l’urgence, car c’est la seul entité que les dominants ne peuvent maîtriser. Et ça ne se passera pas sans dégâts, d’ailleurs le processus est déjà commencé, avec les catastrophes climatiques en tous genres, les maladies de plus en plus fréquentes et nombreuses, autant de signaux d’alarme pour faire comprendre que la désintoxication passe forcément par une décroissance des plus riches, ce qui ne se fera pas sans crise… d’accoutumance bien sûr. Il va falloir se déshabituer de la « substance toxique », ce qui prendra du temps (quelques générations au moins !). Mais tout processus d’évolution est impossible sans crise, et nous sommes en plein dedans, alors, là est notre choix encore une fois : soit on s’adapte et on change, soit on persiste et on meurt… intoxiqué et chacun pour soi. Pour se motiver, il faut absolument considérer que la première perspective n’a rien de sombre, à condition qu’elle s’accompagne d’un développement d’activités qui ne détruisent pas la planète, notamment les richesses générées par les rencontres entre humains, détachées peu à peu de la notion d’économie. C’est ce qui doit motiver la population au-delà des besoins déjà assouvis, elle doit s’ouvrir à un nouveau niveau d’accomplissement, dans un cadre plus empli de respect.
 
La crise libérale doit permettre à chaque personne de se rendre compte qu’il faut dépasser le cadre sociétal dominant, déjà vu et que chacun est un maillon qui a son rôle à jouer dans le processus d’évolution de l’espèce entière, mais pour cela, il faut faire en sorte que l’individuel serve le collectif! Dans cet optique, cette crise doit être abordée comme un passage (un saut quantique) dans l’idée de se détacher des dépendances culturelles, familiales déjà pré-établies et regarder en soi pour en trouver le « trésor » caché. Cela passe forcément par une crise psychologique liée à des notions qui ne doivent pas être refoulées mais dépassées telles que l’ego du MOI qui n’est que la surface du je et qui, s’il prend toute la place de l’individu, ne conduit qu’à de l’individualisme qui ne pourra servir en rien le processus d’évolution collective. Mais c’est un premier pas vers l’individuation, qui s’il est dépassé s’incarne totalement dans le je ! Bien des personnes sont actuellement bloquées à ce stade d’évolution personnelle et c’est en cultivant des valeurs ontiques capables de donner un sens au je, en écoutant leur être complet (corps/ esprit, conscient/ inconscient…) et tous leurs paradoxes qu’ils se rapprocheront de leur « trésor caché » : l’ UNITE issue de l’intégration (prise de conscience) de leurs opposés, d’où émane des capacités créatives individuelles sans bornes, qui ne pourront que rayonner autour d’eux, et entraîner une cohérence nécessaire entre les idéologies et les actes d’abord individuels, au service du collectif.
 
Mais pour aller dans cette direction, il faut oser se projeter vers l’inconnu, au-delà des certitudes toujours, faire de nouveaux choix, donc se détacher du « déjà vu » sans considérer faire des sacrifices. Ainsi, chaque individu, conscient de son « pouvoir créatif » n’aura plus besoin de compensation extérieure, source d’envie, de jalousie et donc de conflits, pour s’accomplir. Cette voie vers le dernier étage de la pyramide, constitue le véritable accomplissement personnel, capable de transformer la biologie des cellules de chaque organisme afin d’en tirer toutes les potentialités nécessaires à l’évolution de l’espèce sur le chemin de l’Homo Spiritus peut être… pour que le meilleur de l'individu lui permette d'élever l'instinct grégaire de son origine à un niveau supérieur, celui de l'accomplissement du collectif!

 
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