Encore Osho : « Il y a deux types de méthode de croissance. Vous pouvez poursuivre seul votre croissance spirituelle (méditation) ou bien vous pouvez y travailler par la voie d’un groupe ou d’une école (amour). […] L’Orient en est resté aux efforts individuels et l’Occident s’oriente de plus en plus vers les techniques de groupe. Les méthodes de groupe ne peuvent exister que si votre ego en est arrivé à un point tel qu’il est lourd à porter. Lorsque l’ego est devenu tellement pesant qu’être seul vous plonge dans l’angoisse, alors les techniques de groupe prennent tout leur sens car, dans un groupe, vous pouvez faire fusionner votre ego. Si l’ego n’est pas très développé, les méthodes individuelles peuvent alors vous aider, vous travaillez seul, vous faites votre méditation, les autres font la leur. Vous ne travaillez jamais ensemble. […]
« En Inde, l’ego ressemble à la colère : si quelqu’un vous provoque, vous vous mettez en colère. Si personne ne vous provoque, vous n’êtes pas en colère. En Occident, l’ego est devenu un élément permanent. Il ne ressemble pas à la colère, mais à la respiration. Pas besoin de le provoquer, il est présent, il est un phénomène constant. A cause de cet ego, un groupe devient une chose très utile. Dans un groupe, en travaillant avec un groupe, en vous fondant dans un groupe, vous pouvez facilement mettre de côté votre ego. C’est pourquoi, dans la vie politique, certains phénomènes ne peuvent exister qu’en Occident. Le fascisme par exemple, a pu exister en Allemagne, le pays le plus égoïste de l’Occident, le plus occidental. L’ego allemand n’a pas son pareil dans le monde. C’est pourquoi Hitler a été possible – parce que chacun est réellement égoïste, chacun a besoin de fusionner avec les autres. Les rassemblements nazis, des millions de gens marchant au même pas : vous pouvez vous y perdre, vous ne devez plus être vous-même. Vous devenez la marche, la clique, la musique, le bruit, Hitler l’hypnotiseur, la personnalité charismatique. Tous les regards tournés vers Hitler, toute cette foule autour de vous, telle un océan – vous n’êtes plus qu’une vague. Vous oubliez vos angoisses, vos malheurs, votre solitude, votre aliénation. Vous n’êtes pas seul. Cette foule énorme est avec vous et vous êtes avec elle. Vos petits soucis personnels disparaissent. Il y a soudain une éclaircie.
Son succès, Hitler ne l’a pas connu grâce à sa philosophie particulièrement profonde –sa philosophie était absurde ; elle était infantile, sommaire - ni pour avoir pu convaincre le peuple allemand qu’il avait raison. Là n’était pas l’important. Non, il ne tenta jamais de les convaincre. Il créa un phénomène d’hypnose collective. Cela les convainquit.
Ce qu’Hilter disait n’avait pas d’importance, l’important était ce qu’ils ressentaient lorsqu’ils se trouvaient en groupe, dans la masse. Ils en avaient tellement assez d’eux-mêmes qu’ils voulaient être absorbés par la masse. C’est pourquoi le fascisme, le nazisme et toutes sortes de folies collectives ont pu arriver en Occident. […]
La même chose se passe dans d’autres domaines –en religion et en psychologie aussi- Il y a maintenant la méditation de groupe. Une centaine de personnes se tenant par la main sont transportées hors d’elles-mêmes, en extase. Parce que rien que se tenir les mains est devenu chose impossible à cause de l’ego. […] Les politiciens peuvent faire usage du groupe aussi à des fins destructrices.
[…] En Occident, vous accourez vers la société, en Orient, les gens la fuient. C’est pourquoi les techniques solitaires, les techniques individuelles ont été en vigueur en Orient. Les techniques de groupes, on les trouve en Occident.
[…] Ma méthode, en vérité, est une synthèse. Dans les premiers stades de méditation dynamique, vous faites partie d’un groupe ; au dernier stade, le groupe disparaît, vous êtes seul. L’Orient se tourne vers l’Occident, l’occident se tourne vers l’Orient, pour qu’il n’y ait plus qu’un seul monde. […] La synthèse est nécessaire : à la fois en groupe et individuelle. Vous travaillez dans un groupe pour commencer ; à la fin vous devenez totalement vous-même. Partez de la société pour arriver à vous-même. Ne fuyez pas la communauté, vivez dans le monde, mais ne soyez pas du monde. Ayez des relations mais, cependant, restez seul. Aimez et méditez. Méditez et aimez. Amour et méditation : telle est ma devise. »