Pour atteindre un stade méditatif avancé, les différentes philosophies qui permettent d’y accéder se rejoignent toutes sur le fait que ce niveau s’acquière lorsque l’on est prêt à « oublier son ego ». C’est ego pourtant fortement valorisé dans nos sociétés occidentales, est toute fois « brimé » en Orient. Quelle attitude adopter face à cette « partie de nous », pour accéder à la sérénité de l’être. Osho nous éclaire sur quelques points parfois déconcertants, mais tellement évidents et constructifs. En résumé, il nous invite à trouver notre ego (en prendre conscience) avant de le perdre. Voilà ce qu’il dit :
« L’ego doit être arrivé au sommet, il doit être solide. Il doit avoir atteint une plénitude- ce n’est qu’alors que vous pouvez le dissoudre. Un ego faible ne peut être dissous. Et cela devient un problème. » […]
« Vous possédez un ego, vous le dissimulez sous son contraire. C’est ainsi que naît l’hypocrisie. Vous devenez humble en surface. Cette humilité superficielle ne peut tromper personne. Elle vous abusera peut être mais elle n’abusera personne d’autre. Par les trous de vos guenilles, votre ego continue de montrer le bout de l’oreille. Il est toujours présent. C’est se mentir à soi même, rien de plus. C’est ce qui se produit lorsque vous commencez à rejeter l’ego immature. » […]
« Mon enseignement aura l’air contradictoire, mais il est conforme à la vie. C’est pourquoi je vous apprends à être des égoïstes –afin que vous puissiez devenir sans ego. Je vous apprends à être de parfaits égoïstes. Ne le dissimulez pas, sinon, l’hypocrisie apparaîtra. Et ne vous battez pas contre un phénomène non encore arrivé à maturité. Laissez-le mûrir et aidez le. Conduisez le au sommet. […] Lorsqu’il sera à son point culminant, vous le saurez : car le point culminant de l’ego sera aussi celui de vos expériences infernales, il sera un cauchemar. Et il n’est alors besoin de personne pour vous dire : laissez-le tomber ! Votre ego n’est pas encore assez douloureux à ce point : c’est pourquoi vous le gardez. C’est tout naturel. […] Rappelez vous, il faut à chaque chose un certain temps pour se développer, pour mûrir, pour tomber dans le sol et s’y dissoudre. Votre ego, lui aussi, demande un certain temps. Aussi, ne craignez pas d’être égoïstes. Vous l’êtes, sinon, il y a longtemps que vous auriez disparu. Et vous ne pourriez exister… Tel est le mécanisme de la vie : il faut être égoïste, il vous faut vous frayer un chemin, il vous faut vous battre contre des millions et des millions de désirs qui vous assiègent, il vous faut lutter, il vous faut survivre. L’ego est un moyen de survie. Si un enfant naît sans ego, il meurt. Car s’il a faim, il n’éprouvera pas « j’ai faim ». Il sentira que la faim est là, mais sans relation avec lui-même. L’enfant se développe grâce au développement de son ego. C’est pourquoi je considère que l’ego est un élément de la croissance naturelle. Et un deuxième pas est à faire, où il doit être abandonné. Cela aussi est naturel. Mais ce deuxième pas ne peut être fait que lorsque le premier a atteint son sommet, lorsqu’il est parvenu à son point culminant. »
« J’enseigne donc l’un et l’autre. J’enseigne l’égoïsme et j’enseigne aussi l’état sans ego. Commencez par être des égoïstes, de parfaits égoïstes, des égoïstes absolus, comme si l’existence entière n’était que pour vous et que vous en étiez le centre. Soyez le centre et n’ayez pas peur. Acceptez-le ! Cela fait partie de votre croissance. Puis, prenez conscience que vous n’êtes pas le centre : c’était une idée fausse, c’était une attitude infantile. Maintenant vous avez mûri. Lorsque vous voyez que vous n’êtes pas le centre, vous voyez aussi qu’il n’y a pas de centre dans l’existence, ou alors que le centre est partout. Ou bien il n’y a pas de centre et l’existence existe comme un tout, comme une globalité sans aucun centre qui puisse servir de point de référence ; ou bien chaque atome est un centre. »
« L’ego est la coquille de l’œuf : il vous protège. Mais lorsque vous y êtes préparé, brisez la coquille, sortez de l’œuf. L’ego est la coquille. Patientez pourtant. Donnez-lui du temps, et ne le condamnez pas. […] L’ego est une maladie si vous en êtes inconscient, si vous le dissimulez dans l’inconscient. L’ego est un jeu si vous en êtes conscient. Vous pouvez y prendre plaisir, vous pouvez y jouer. Soyez conscient, attentif et jouez le jeu ! Un jeu, ce n’est jamais mauvais ; mais si vous oubliez que c’est un jeu et si vous devenez trop sérieux, alors se posent des problèmes. »
« Soyez des égoïstes : parfaits, cultivés, raffinés. Continuez de travailler sur votre ego et faites-en une statue magnifique car, avant que vous ne le rendiez à Dieu, il faut que ce soit quelque chose qui vaille la peine d’être donné, il faut que ce soit un cadeau. »
Alors, déconcertant n’est-ce pas ? Et en même temps tellement constructif et singulier comme pensée, qui mène à une réflexion profonde. Le secret de l’évolution ne se trouve décidément pas là où on l’attend !!!