« Toute la terre avait un seul langage et les mêmes mots… Les hommes se dirent l’un à l’autre : « Allons, bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche les cieux, et faisons nous un nom». Dieu descendit pour voir la ville et la tour que bâtissaient les fils des hommes. Il dit : « Voici qu’à eux tous ils forment un seul peuple et ont une même langue ; s’ils ont fait cela pour leur début, rien désormais ne sera irréalisable pour eux de tout ce qu’ils projetteront de faire. Allons ! Descendons, et là, confondons leur langage, afin qu’ils n’entendent plus la langue les uns des autres ». Et l’éternel les dispersa loin de la face de toute la terre ; et ils cessèrent de bâtir la ville. C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel ; car c’est là que Dieu brouilla le langage de toute la terre… »
extrait tiré du mythe de Babel
Pour évoluer au-delà du mental, l’homme doit se servir de la spécificité de son espèce : LE LANGAGE. Ce langage, si merveilleux outil grâce auquel ses idées s’expriment à l’aide de signes, dont le but est bien au-delà de l’action, de la communication, de la domination et même de la pensée… Ainsi, sur le chemin de son évolution, il est naturel pour l’homme de se demander : « Et si tout venait du langage… le pire comme le meilleur ! » et de se fixer comme quête de reconstruire Babel, et donc ce langage commun, à la source de l’intelligence créatrice universelle, capable de tout surmonter! Mais pour cela, il faudrait déjà aller au-delà des différences d’une langue à l’autre et surtout de toutes les thèses des linguistes, dont la doctrine intellectualiste selon laquelle le sens est le privilège exclusif de la raison qui seule est à même de formuler une pensée personnelle digne de ce nom, ce qui ne saurait avoir lieu sans le langage verbalisé. Il faudrait aussi considérer qu’entrer dans le langage par la porte de la pensée, c’est être invité, à aller au-delà des limites de la pensée personnelle, pour révéler une pensée par-dessus le mental, capable d’appréhender le sens caché d’une existence universelle et de le rendre dicible. Ainsi, il faudrait être sûr que le langage n’est pas l’attribut exclusif de l’hémisphère du cerveau gauche conscient, mais qu’il peut exprimer au même titre les manifestations d’un inconscient individuel et collectif ancré depuis l’aube de l’humanité dans une langue originelle. Mais parce que cet inconscient, par définition échappe à la raison consciente, il n’est pas possible d’utiliser une analyse purement linguistique sur le langage conscient pour espérer résoudre cette énigme. Pourtant, c’est peut être du côté de l’inconscient qu’il convient de chercher… à évoluer ! Ainsi, c’est en considérant que nos mots ne sont pas seulement les signes arbitraires des linguistes classiques, mais qu’ils recèlent de puissants secrets, bien enfouis, non seulement au centre de l’intime mais aussi, dans les dessous de la communication humaine collective, qu’il est possible de trouver le code qui nous permettrait d’accéder à un stade supérieur d’évolution. Sachant qu’ils sont nos principaux outils pour décrypter un langage universel originel, il faut admettre que chaque mot est aussi construit d’unités sonores sensées mais non conscientes laissant apparaître un sens caché, celui de la langue de l’inconscient, située au fin fond de notre hémisphère droit. Comment toutes les connaissances acquises, maîtrisées de notre langage conceptuel peuvent- elles être mises au service de la recherche du verbe sensible de l’espèce humaine, par delà du mental ?
A suivre...