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Simple et volontaire...

Selon Gandhi : « Il faut vivre simplement  pour que d’autres puissent simplement vivre ! ». Pour nuancer quelque peu cette définition de la simplicité volontaire, on peut y voir une des clés pour un juste équilibre entre le temps passé à gagner de quoi vivre et le temps passé à vivre. Bref, vivre selon les codes de la simplicité volontaire, c’est accepter de placer la valeur « temps » au centre de nos « pré-occupations », à la place de la valeur « argent » ou « travail », actuellement centrale dans le système sociétal dominant. Il s’agit donc d’une alternative qui ne doit absolument pas être réduite à un « retour à l’époque préhistorique », mais dont le principal objectif est de nous permettre de réduire notre train de vie (consommation excessive et donc dépendance excessive à l’argent et donc dépendance excessive au travail !!!) en substituant la notion de « quantité » à celle de « qualité » : Qui dit moindre besoin d’argent, dit moindre besoin de travailler pour gagner de l’argent... donc plus de temps pour une vie plus riche de vie, qui se libèrera petit à petit de l’envie de consommer. Le plus difficile finalement consiste à trouver ce qui peut nous nourrir vraiment de l’intérieur... pour ne plus avoir besoin de substituts extérieurs !

 

            Avec les définitions que le petit Robert donne du verbe consommer, on touche du doigt la problématique posée par la société actuelle : Mener (une chose) au terme de son accomplissement. Amener (une chose) à destruction en utilisant sa substance, en faire un usage qui la rend ensuite inutilisable. Acquérir un bien, un service pour satisfaire directement un besoin. D’après cette définition, nous sommes amenés à prendre conscience du leurre que représente la notion de consommation d’objets matériels considérée comme une finalité de l’accomplissement personnel d’un individu bien intégré dans un milieu professionnel valorisé par la hiérarchie sociale : la consommation ne comble que trop superficiellement et de manière trop éphémère les besoins individuels (reconnaissons le, l’objet de nos désirs, une fois acquis perd toute sa magie, toute sa valeur...). Pourtant, devant l’étendue du choix proposé, il est devenu bien difficile de résister à tant de tentations. Eliminer les vieux trucs, donner, jeter l’inutile ou l’encombrant et repartir sur de nouvelles bases, voilà des actes faciles, mais faire la part des choses devant la compulsion de l’achat entre l’indispensable et l’inutile est le VRAI dilemme. Comment résister au SEUL vêtement (l’unique et donc l’indispensable) de la saison, au bouquin sans lequel il me sera impossible de rendre ma réflexion aboutie, à la nouvelle technique de massage qui saura en moins de deux minutes dénouer toutes les tensions accumulées au quotidien !!!!! Oui, même en refusant d’acheter à outrance, de surconsommer et de participer ainsi à la dégradation abusive de la planète et de ses habitants, qu’il est difficile de ne pas adhérer au système dans lequel nous sommes dépendants de ces substituts extérieurs....

 

            Mais ceux qui ont déjà lutté contre une dépendance le savent bien : on ne peut pas se priver de tout du jour au lendemain sans ressentir le manque qui conduira souvent à l’overdose dans un instant de faiblesse. Même s’il est inconcevable de transformer radicalement son quotidien, au moins faire évoluer son caddie est déjà un grand pas qui permet de ne pas tomber dans le discours du désabusé : « je ne peux pas tout changer, donc je ne change rien ! », découvrir d’autres façons d’investir son argent... Bref, accepter de passer par différentes étapes par lesquelles il est parfois facile de se perdre :

  1. D’abord, trouver des informations cohérentes, claires et faciles à mettre en oeuvre
  2. Ensuite, plonger sans demi mesure dans la profusion des alternatives existantes, au risque de se perdre dans un effet de mode (du bio, du commerce équitable, du solidaire... jusque dans les plats cuisinés... et surgelés !), eh oui, c’est presque un passage obligé !
  3. Puis laisser émerger la réelle prise de conscience que tout ça se transforme finalement en besoin vital et en réflexions en toute évidence (là, la transformation réelle commence)
  4. Accepter les tâtonnements, les périodes de doutes, les pertes d’enthousiasme pour au final se rendre compte qu’il ne faut jamais lâcher sa vigilance (même dans le bio !)
  5. Être suffisamment convaincu pour ressentir le besoin de partager ces idées avec la terre entière !

Pour enfin accepter nos incohérences individuelles en intégrant un bel équilibre entre des convictions assumées et des paradoxes ou plaisirs vécus sans culpabilité...

 

 

 

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